Alors que beaucoup pensaient la polémique définitivement close après la diffusion de la vidéo montrant le Président de la République rappelant publiquement à l’ordre l’architecte DPLG Erichk Mauro Nguema au sujet du chantier du monument George Damas Aleka, un nouveau rebondissement vient raviver les interrogations.
Le média en ligne Afriscope Media a publié un article affirmant que l’Ordre Gabonais des Architectes expliquait les retards du chantier par plusieurs facteurs : une réduction du budget initial à 2,7 milliards de FCFA, une extension de la corniche de 50 mètres décidée en cours de projet, un délai d’exécution ramené de 14 à 10 mois, ainsi que des retards de paiement. Selon cette version, ces éléments remettaient en perspective les critiques adressées au maître d’œuvre.
Mais coup de théâtre : dans un communiqué officiel, l’Ordre Gabonais des Architectes a démenti être à l’origine des propos qui lui ont été attribués. Ce démenti relance entièrement le débat et soulève de nouvelles questions.
Comment un média reconnu comme Afriscope Media a-t-il pu publier des déclarations attribuées à une institution si celles-ci n’étaient pas authentiques ? Une telle publication, si elle est inexacte, est loin d’être anodine puisqu’elle revient à contredire indirectement la version présentée publiquement par le Chef de l’État.
Deux hypothèses se dessinent désormais.
La première est que le média s’est appuyé sur des informations erronées ou insuffisamment vérifiées. Si tel est le cas, il lui appartiendra d’apporter des explications sur l’origine de ses informations.
La seconde, plus sensible, est que le communiqué de démenti soit intervenu dans un contexte ayant conduit l’institution à prendre ses distances avec ces déclarations. À ce stade, rien ne permet d’étayer une telle hypothèse, qui relève de l’interrogation et non d’un fait établi.
Une troisième voix manque encore à ce dossier : celle de l’architecte Erichk Mauro Nguema lui-même. Jusqu’à présent, le principal concerné observe un silence absolu. Pourtant, il est sans doute le mieux placé pour éclairer l’opinion sur les conditions réelles d’exécution du chantier.
Cette affaire, qui paraissait terminée, semble finalement entrer dans une nouvelle phase. Entre les images diffusées publiquement, les révélations médiatiques, le démenti officiel et le silence du maître d’œuvre, les zones d’ombre demeurent nombreuses.
Une certitude s’impose : tant que toutes les parties ne se seront pas exprimées avec des éléments vérifiables, les interrogations continueront d’alimenter le débat public.
L’affaire Mauro Nguema est-elle le révélateur d’un simple malentendu, d’une erreur journalistique ou d’une controverse plus profonde ? Les prochains jours pourraient apporter les réponses.





