À mesure que les éléments se précisent dans l’affaire Alain Claude Bilie-By-Nze, une interrogation majeure s’impose : et si la responsabilité réelle se situait ailleurs que là où l’on tente aujourd’hui de la fixer ?
En 2008, dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures, un comité est mis en place, présidé par Bilie-By-Nze. Face à l’absence de financement public à quelques jours du lancement, les membres décident de mobiliser leurs propres ressources pour sauver l’événement. Il s’agit d’un préfinancement collectif, consenti dans l’attente d’un remboursement par l’État une fois les fonds débloqués.
Lorsque les difficultés apparaissent, le comité se tourne vers l’autorité compétente de l’époque : Paul Mba Abessolo, alors vice-Premier ministre et véritable superviseur institutionnel de l’événement. C’est à ce niveau que se situe la gestion politique et financière du dossier, et non au sein du simple comité d’organisation.
Selon les faits rapportés, Paul Mba Abessolo affirme avoir saisi la plus haute autorité de l’État afin d’obtenir les fonds nécessaires au remboursement. Pourtant, près de vingt ans plus tard, la situation demeure irrésolue, et ceux qui ont engagé leurs moyens personnels n’ont jamais été remboursés.
Dès lors, une question centrale se pose : les fonds promis ont-ils été effectivement débloqués ? Et si oui, qu’en est-il advenu ? Sur ce point essentiel, Paul Mba Abessolo reste le principal détenteur de la vérité.
Dans ce contexte, faire porter aujourd’hui l’entière responsabilité sur Alain Claude Bilie-By-Nze, qui n’était que président du comité d’organisation et non gestionnaire des fonds publics, soulève de sérieuses interrogations.
Ce débat ne peut être tranché sans la parole de celui qui, à l’époque, détenait l’autorité et la responsabilité du suivi du dossier. Son silence, face à des accusations aussi graves et à des faits aussi anciens, ne contribue ni à l’éclairage de l’opinion, ni à la manifestation de la vérité.
Au-delà des clivages politiques et des relations personnelles, une exigence demeure : celle de la clarté. Si des responsabilités doivent être établies, elles doivent l’être à tous les niveaux concernés.
C’est pourquoi il devient légitime d’attendre de Paul Mba Abessolo qu’il s’exprime, afin de préciser son rôle, d’éclairer les zones d’ombre et de permettre, enfin, une lecture complète et honnête de cette affaire.





