Le Gabon, selon Aba’a Minko, vient de franchir une ligne rouge. L’ancien candidat à la présidentielle, opposant farouche et ancien prisonnier politique, affirme que ses biens ont été broyés lâchement par un bulldozer d’État. D’après lui, cela s’est produit sous escorte militaire, sans préavis, sans convocation et sans aucune procédure. « Tout ce que j’ai construit a été détruit sur simple ordre du Président », rapporte-t-il.
Selon l’homme, il s’agissait de bureaux, de documents, d’argent et de dossiers accumulés sur des décennies, tous pulvérisés en quelques minutes. Il décrit une scène de désolation : sa famille abasourdie, ses enfants traumatisés et des locataires désemparés. Toujours selon lui, un procureur, un huissier et un magistrat auraient été présents, donnant ainsi une apparence de légalité à l’opération. « C’est comme si la justice avait choisi de piétiner le droit », ajoute Aba’a Minko.

Certains pourraient penser, rappelle-t-il, qu’il l’a « cherché », en référence à son passé. Jadis, il avait simulé une attaque terroriste sur des bâtiments publics, diffusé un ultimatum à Ali Bongo et menacé de faire sauter certains édifices. Condamné et emprisonné à l’époque, il affirme être sorti de prison intact et fidèle à ses convictions. Depuis la chute du régime Bongo, il n’a jamais prêté allégeance aux nouvelles autorités, mais continue, selon ses dires, d’observer et de titiller le pouvoir.
Pour Aba’a Minko, ce passé ne justifie pas l’arbitraire dont il se dit victime. « Je ne me laisserai pas faire », affirme-t-il. Ses biens ont pu être détruits, mais il promet riposte, précisant qu’il ne s’agit pas d’un avertissement vide. « Quand la loi recule, l’homme avance », souligne-t-il, rappelant qu’il n’est pas de ceux que l’on écrase sans conséquences.
D’après lui, le message dépasse largement sa personne. Si un homme connu et redouté comme lui peut être réduit en gravats, qu’en est-il du citoyen lambda ? Aucun entrepreneur, aucune famille, aucun investisseur n’est, selon lui, à l’abri. « Le bulldozer a broyé mes biens, mais c’est la confiance nationale qui vacille », conclut Aba’a Minko, avertissant que lorsqu’une République piétine la loi, le contre-coup ne se fait jamais attendre.











