À peine la nomination de Régis Massimba au poste de Directeur général de Gabon Télévision annoncée, les réseaux sociaux se sont enflammés. Les critiques fusent : absence de diplôme de journalisme, absence de carte de presse, manque de légitimité. Certains vont jusqu’à affirmer qu’il ne disposerait pas du « background » nécessaire pour diriger le média public.
Mais ces attaques reposent-elles sur une analyse objective ou sur une vision réductrice de ce que requiert réellement la direction d’une grande entreprise audiovisuelle ?
La première confusion consiste à croire que le Directeur général d’une télévision est avant tout un journaliste. C’est faux. Un Directeur général est un manager, un stratège et un décideur. Sa mission consiste à définir une vision, piloter des équipes, assurer la gestion financière, développer les programmes, conduire les transformations technologiques et représenter l’institution auprès des partenaires nationaux et internationaux.
Sur ce terrain, le parcours de Régis Massimba parle de lui-même.
Pendant plusieurs décennies, il a évolué au cœur de l’univers audiovisuel gabonais. Animateur, producteur, présentateur, puis directeur des programmes, il connaît les rouages de la télévision et de la radio. Concevoir une grille de programmes, gérer des productions, encadrer des équipes, négocier avec des partenaires et comprendre les attentes du public sont des compétences directement liées à la gestion d’une chaîne nationale.
Son expérience ne s’arrête pas à l’animation. Il a également présidé le Conseil d’administration de l’Institut gabonais de l’Image et du Son (IGIS), une fonction qui exige des capacités de gouvernance, de gestion et de supervision stratégique. Cette responsabilité démontre qu’il ne s’est pas limité à l’antenne : il a aussi exercé des fonctions décisionnelles.
Quant à sa formation, elle témoigne d’un parcours diversifié. Des études universitaires en anglais, complétées par un MBA Executive, constituent des atouts pour un dirigeant appelé à évoluer dans un environnement où le management, les partenariats internationaux et la communication institutionnelle occupent une place essentielle.
Les détracteurs insistent sur un point : « Il n’est pas journaliste. »
Mais une question mérite d’être posée : les plus grands groupes audiovisuels du monde sont-ils tous dirigés par des journalistes ? La réponse est non. Beaucoup sont pilotés par des managers, des producteurs, des administrateurs ou des spécialistes des médias. La compétence d’un Directeur général se mesure avant tout à sa capacité à conduire une organisation vers ses objectifs.

Le véritable débat ne devrait donc pas être celui du diplôme, mais celui des résultats.
C’est sur sa capacité à moderniser Gabon Télévision, améliorer la qualité des programmes, renforcer la crédibilité de l’information, motiver les équipes, accélérer la transformation numérique et restaurer l’image de la chaîne que Régis Massimba devra être jugé.
Dans toutes les démocraties modernes, une nomination ne vaut ni condamnation automatique ni consécration définitive. Elle ouvre une période d’évaluation fondée sur les performances.
Le procès de l’incompétence intenté à Régis Massimba avant même sa prise de fonction relève davantage du préjugé que de l’analyse. Son parcours témoigne d’une connaissance approfondie de l’audiovisuel, d’une expérience de gestion et d’une présence de longue date dans les médias gabonais.
Il appartiendra désormais à ses actes de confirmer ou non les attentes placées en lui. C’est ainsi que se jugent les dirigeants : non sur les rumeurs, mais sur les résultats.






