La crise qui paralyse le système éducatif gabonais n’est plus une simple grève corporatiste. Elle est devenue un signal d’alarme national. Des milliers d’élèves privés de cours, des parents désorientés, une année scolaire menacée : l’école gabonaise vacille pendant que le dialogue, lui, peine à s’installer durablement.
Face à cette situation explosive, le Président de la République a fait le choix de confier la médiation à Pierre Mintsa et Georges Mpaga. Une décision qui, loin d’apaiser les tensions, a suscité incompréhension et scepticisme au sein du corps enseignant. Non par rejet des personnes, mais parce que la crise actuelle dépasse la simple bonne volonté. Elle exige une connaissance intime du monde éducatif, de ses douleurs, de ses frustrations et de ses réalités quotidiennes.
Car le malaise des enseignants ne date pas d’hier. Il est le fruit d’années de promesses non tenues, de réformes inachevées, de décisions imposées sans concertation et d’un profond sentiment d’abandon. Dans un tel contexte, la médiation ne peut être confiée à des profils extérieurs au secteur, aussi respectables soient-ils. L’école ne se négocie pas comme un dossier administratif : elle se comprend de l’intérieur.
C’est précisément là que s’impose, avec évidence, le nom de Mme Paulette Missambo.
Enseignante de formation, professeur de français, ancienne proviseure, ancienne ministre de l’Éducation nationale et ancienne présidente du Sénat, Paulette Missambo incarne une rare transversalité institutionnelle. Elle connaît l’école gabonaise depuis la salle de classe jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Elle en maîtrise les urgences pédagogiques, les contraintes budgétaires, mais aussi la souffrance silencieuse des enseignants.

Contrairement à d’autres figures, elle n’a pas besoin de discours théoriques pour comprendre la colère actuelle : elle en connaît les racines. Elle parle le même langage que les enseignants, parce qu’elle a vécu leur réalité. Cette proximité n’est pas émotionnelle, elle est professionnelle, historique et humaine.
Mais au-delà de la compétence technique, Paulette Missambo bénéficie d’un capital essentiel aujourd’hui cruellement absent : la confiance. Elle n’est perçue ni comme une actrice d’agendas politiques dissimulés, ni comme une intermédiaire en quête de visibilité. Son image est celle d’une femme d’équilibre, de dialogue et de responsabilité.
Dans une crise aussi sensible, cette autorité morale vaut autant que les textes et les chiffres.
Faire appel à Paulette Missambo comme médiatrice serait donc bien plus qu’un simple réajustement stratégique. Ce serait un signal politique fort, traduisant la volonté du chef de l’État d’écouter réellement les enseignants, de reconnaître la spécificité de leur métier et de sortir d’une logique de médiation de façade.
L’école gabonaise ne réclame pas des messagers, elle réclame une voix crédible. Une voix capable d’être entendue à la fois par la base enseignante et par le sommet de l’État. Une voix capable de transformer la défiance en dialogue, et la colère en solution.
Aujourd’hui, la sortie de crise passe moins par la multiplication des médiateurs que par le bon choix du médiateur. Et à ce carrefour décisif pour l’avenir de la jeunesse gabonaise, Paulette Missambo apparaît comme l’option la plus lucide, la plus responsable et la plus porteuse d’espoir.
Parce que l’éducation n’a plus besoin d’improvisation.
Elle a besoin de vérité, d’expérience… et de courage politique.
Cet article a été rédigé sur la base d’une réflexion de Guy Minko, enseignant et lanceur d’alerte de l’Éducation nationale.












