À Oyem, un braqueur arrêté, identifié par sa victime et placé en cellule a réussi ce que même les génies du grand banditisme n’oseraient pas rêver : disparaître en plein cœur de la Police Judiciaire, comme si les verrous s’étaient ouverts par courtoisie. Selon les informations relayées par Infos Oyem+, le suspect se serait “échappé”. Un mot élégant pour une réalité qui ressemble davantage à une mauvaise blague qu’à une faille sécuritaire.
Car qui peut sérieusement avaler qu’un détenu impliqué dans un braquage violent glisse hors d’un commissariat comme on sort d’un taxi ? Pas de bruit, pas de témoin, pas de réaction. À Oyem, on dirait qu’être voyou ouvre plus de portes que d’être citoyen honnête.
La victime, Dame Daisy, commerçante, a accompli tout le travail que l’État aurait dû faire : enquêter, retrouver le receleur, apporter les preuves, participer à l’identification formelle. Elle a livré la vérité sur un plateau. Et quand la justice devait prendre le relais, c’est elle qui s’est évaporée. Pas l’affaire : le suspect lui-même.
Aucun avis de recherche.
Aucune conférence.
Aucun agent pour dire ne serait-ce que “Nous avons merdé”.
Le silence est lourd, gênant, presque complice.
Pendant ce temps, Dame Daisy, elle, doit dormir avec la peur. Car un agresseur que l’on “perd” comme un sachet de pain n’a aucune difficulté à revenir effacer celle qui a eu le malheur de le reconnaître. Et dans ce pays, ce n’est un secret pour personne : ce n’est pas la première fois qu’un bandit “chanceux” disparaît dans un commissariat où les cadenas semblent souffrir d’allergies au travail.
La population, elle, ne s’y trompe plus. À force de payer le carburant pour que les agents se déplacent, de revenir dix fois pour une plainte, d’être découragée jusqu’à l’abandon, elle pose la vraie question :
À quoi sert encore de porter plainte dans un système où la victime finit plus exposée que le criminel ?
Ce qui s’est passé à Oyem n’est pas une simple bourde. C’est un miroir. Et dans ce miroir, ce n’est pas le visage du braqueur qu’on voit le plus clairement : c’est celui d’une défaillance profonde, embarrassante, impossible à camoufler. On peut perdre un dossier. On peut perdre un stylo.
Mais perdre un braqueur sous votre nez ?
C’est perdre la confiance de tout un peuple.
Et cette fois, l’affaire ne s’effacera pas aussi facilement que ce détenu miracle. Tant qu’aucune explication crédible ne sortira, cette évasion restera la preuve brutale d’un système qui protège mal, punit mal et surtout… se protège avant tout lui-même.
Source : infos Oyem +












