Le décor était planté en Alaska : un tapis rouge, une poignée de main glaciale mais calculée, et six longues heures de discussions derrière des portes closes. Donald Trump et Vladimir Poutine n’ont pas trouvé de cessez-le-feu, mais ils se sont entendus sur une chose : la balle doit désormais être dans le camp de l’Ukraine.
Le président américain, ravi de se présenter en artisan de la paix, a résumé la rencontre avec une pointe de satisfaction. « Nous avons avancé sur plusieurs points. Il reste encore quelques détails, mais ils peuvent être réglés. Maintenant, c’est à Zelensky de prendre ses responsabilités », a-t-il martelé sur Fox News. Une déclaration qui sonne comme un ultimatum adressé à Kiev : accepter le compromis, ou endosser la responsabilité de la poursuite du conflit.
En arrière-plan, le message est clair : Washington et Moscou se sont rapprochés. Poutine, fidèle à son double langage, a qualifié la guerre de « tragédie pour son pays » tout en saluant l’initiative américaine. Traduction : la Russie veut bien la paix, mais à ses conditions. Et Trump, dans son rôle autoproclamé de médiateur, semble prêt à valider une sortie de crise qui satisferait d’abord le Kremlin.
Cette mise en scène a tout d’un rapport de force. Zelensky est convoqué lundi par Trump pour une rencontre présentée comme décisive. Et déjà, l’ancien président américain prévient : si les échanges sont « concluants », un second sommet avec Poutine sera programmé. Manière de dire que la paix se négocie désormais à deux grandes puissances – et que Kiev n’est plus qu’un figurant dans une partie qui le concerne au premier chef.
Derrière les sourires diplomatiques, le risque est évident : une Ukraine isolée, sommée d’avaler un accord dicté par ses alliés d’hier et ses adversaires d’aujourd’hui.









