Entre panne électrique, licences non délivrées et communication défaillante, l’annulation du vol inaugural de FlyGabon révèle un embarrassant flou au sommet. À qui la faute ?
Le 24 juillet 2025, l’aéroport international Léon Mba de Libreville a été frappé de plein fouet par une panne d’électricité majeure. Une défaillance généralisée des installations aéronautiques systèmes de navigation, balisage, et autres dispositifs essentiels a entraîné l’annulation de tous les vols au départ et à l’arrivée, y compris ceux à destination de la Guinée équatoriale. Pire encore, les groupes électrogènes censés prendre le relais n’ont pas fonctionné.
Dans ce chaos logistique, seul un vol d’Air Côte d’Ivoire a pu atterrir grâce à un balisage partiellement fonctionnel. Les autres appareils, notamment ceux de compagnies comme FlyGabon, ont été cloués au sol ou redirigés vers d’autres aéroports, à Malabo ou Pointe-Noire.
Un timing malheureux, voire cruel : cette panne est survenue quelques jours après la réception officielle du tout premier Airbus A320 de FlyGabon, symbole du retour du Gabon dans le ciel africain avec une compagnie nationale. L’opinion publique a immédiatement fait le lien entre cette panne et l’annulation du vol inaugural prévu le 1er août.
Mais voilà que, dans une déclaration sèche, certains analystes affirment qu’il n’y a aucun rapport entre la panne électrique du 24 juillet et le report du vol. Selon eux, les véritables raisons de l’annulation seraient d’ordre administratif : l’appareil volerait sous la licence d’Afrijet Business Service et les autorisations réglementaires nécessaires n’auraient pas été délivrées à temps.
Au lieu d’un démenti clair ou d’un communiqué officiel, les autorités brillent par leur silence ou par des justifications confuses, livrées au compte-gouttes. Résultat : la population ne sait plus où donner de la tête. Entre défaillances techniques, impréparation administrative et improvisation gouvernementale, c’est la crédibilité du projet FlyGabon qui vacille.
Ce manque de clarté dans la communication officielle devient un classique. Or, quand il s’agit d’un projet aussi symbolique que la relance d’une compagnie nationale, chaque faille de transparence devient une faille de confiance.
Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir ce qui s’est passé, mais plutôt pourquoi personne n’a jugé utile d’expliquer ce qui s’est vraiment passé. Quand l’État choisit de ne pas nommer les responsabilités, il donne libre cours aux rumeurs… et compromet son propre capital d’image.
Dans un pays en quête de renouveau, où chaque symbole compte, l’improvisation n’a plus sa place. La vérité finira, comme toujours, par émerger. Mais à quel prix ? Celui de la crédibilité perdue, du projet abîmé et de la confiance citoyenne ébranlée.











