Il fut un temps où X Nazih X, Libanais devenu Gabonais par les hasards ou les combines de la naturalisation intéressée, passait pour le plus ardent défenseur du régime d’Oligui Nguema. À longueur de vidéos criblées d’injures, il martelait qu’il était “le soldat le plus fidèle de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema”. Un soldat de la pire espèce, armé non pas de valeurs républicaines, mais de calomnies, d’attaques personnelles, et d’une arrogance hors-norme, que seule l’impunité la plus absolue pouvait nourrir.
Protégé comme une espèce rare par certains hauts placés du pouvoir, abreuvé d’informations confidentielles que seul un service de renseignement peut fournir, X Nazih X a multiplié les vidéos où il s’en prend à tout ce que le pays compte de figures politiques, sociales ou syndicales. Des ministres aux simples citoyens, personne n’était à l’abri. Tout le monde pouvait être traîné dans la boue sans procès ni droit de réponse. La violence de ses propos et la précision de ses informations ne laissaient aucun doute : cet homme était un outil, un bras armé numérique, un pion utile dans la stratégie de certains milieux tapis dans l’ombre du pouvoir.
Mais voilà que le chien de garde devient chien errant. Aujourd’hui, c’est la DGSS elle-même pilier central de notre sécurité nationale que ce mercenaire des réseaux sociaux accuse de trafic de drogue, de corruption et de collusion avec des escrocs. Et il ne murmure pas. Il crie, il filme, il publie. Depuis la Turquie, selon des sources crédibles, X Nazih X balance des noms, des grades, des accusations d’une extrême gravité sur des éléments supposés de la Direction Générale des Services Spéciaux. Et tout cela se passe sous les yeux d’une République médusée, silencieuse… complice ?
Comment a-t-on pu laisser un individu aussi instable, aussi virulent, avoir autant de pouvoir sur la narration publique ? Quelle est cette République qui tolère qu’un citoyen fut-il Gabonais d’adoption insulte, diffame, menace en toute impunité pendant des mois… pour ensuite laisser ce même individu s’attaquer aux fondements mêmes de la sécurité nationale sans qu’aucune réaction ferme n’émane des autorités ?
Le peuple gabonais, lui, observe avec honte et colère cette mascarade qui l’humilie encore une fois. Cette entrée dans la 5éme république qui devait être celle de la dignité et de la rupture avec les pratiques anciennes semble aujourd’hui embourbée dans les mêmes compromissions, les mêmes jeux d’alliances malsaines, et la même incapacité à anticiper le retour de bâton.
Il est temps d’agir.
- Que les services de sécurité et de justice ouvrent une enquête sérieuse sur les accusations lancées par X Nazih X. Il y va de la crédibilité des institutions.
- Que le gouvernement assume ses responsabilités et cesse de tolérer l’usage d’influenceurs violents et incontrôlés comme outils de propagande.
- Que la République se protège, non seulement contre ses ennemis extérieurs, mais aussi contre ceux qu’elle a elle-même créés par naïveté, par faiblesse ou par complicité.
Il n’est jamais trop tard pour faire preuve de fermeté et restaurer l’autorité de l’État. Mais encore faut-il en avoir le courage. Car si la République reste silencieuse face à ceux qui la giflent, elle ne sera bientôt plus qu’un souvenir dans les esprits trahis d’un peuple qui croyait au changement.









