Trois mois de détention sans jugement. Trois mois et demi sans traitement pour l’hypertension et la goutte. Un salaire suspendu. Une famille brisée, des enfants privés d’école. Et, au cœur de cette spirale, un homme qui s’éteint lentement dans une cellule.
Bob Mengome, identifié comme le matricule 212, n’est plus seulement un détenu : il est devenu le symbole d’un abandon. À plusieurs reprises, il a perdu connaissance, terrassé par des poussées de tension artérielle inquiétantes. Son état se dégrade de jour en jour, dans une indifférence qui interroge et scandalise.
Les signes sont alarmants : pieds enflés, difficultés à uriner, présence de sang dans les urines. Il y a plus d’une semaine, un médecin de la prison centrale a prescrit un bilan de santé complet. Depuis, silence total. Ni le détenu bni sa famille n’ont accès aux résultats. Pourquoi ce mutisme ? Que cache-t-on ?
Les soupçons sont graves. Des pathologies lourdes comme une insuffisance rénale ou un diabète sont désormais évoquées, alors même qu’il ne présentait aucun de ces troubles avant son incarcération. Comment un homme peut-il entrer en prison en relative bonne santé et en ressortir s’il en ressort au seuil de la mort ?
Plus troublant encore : l’interruption brutale de son traitement contre l’hypertension. Une décision lourde de conséquences, que tout professionnel de santé sait potentiellement fatale. Priver un patient de ses médicaments dans ces conditions revient à jouer avec sa vie.
Alors la question devient inévitable, dérangeante, implacable : à qui profiterait la mort de Bob Mengome en prison ?
Et surtout : qui en portera la responsabilité ?
L’administration pénitentiaire ? Les autorités judiciaires ? Ou plus haut encore, ceux qui détiennent le pouvoir d’agir mais choisissent de se taire ?
Car il ne s’agit plus seulement d’un dossier judiciaire. Il s’agit d’une urgence humaine. Chaque jour qui passe rapproche un peu plus Bob Mengome d’un point de non-retour.
Le président de la République ne peut ignorer cette situation. Son silence, face à une telle dérive, serait perçu comme une caution. Car lorsqu’un citoyen meurt en détention dans des conditions aussi troubles, la responsabilité ne se limite jamais aux murs de la prison.
Ce qui se joue ici dépasse un homme. C’est la crédibilité même de l’État de droit qui vacille.
Si rien n’est fait, si aucune mesure urgente n’est prise, alors l’histoire retiendra que Bob Mengome n’est pas seulement mort en prison.
Elle retiendra qu’il a été laissé mourir.





