
Il est des voix qu’on ne peut balayer d’un revers de main, surtout lorsqu’elles viennent de ceux qui furent d’abord des adversaires avant de devenir des alliés. C’est le cas du Badecon en Chef, activiste gabonais bien connu, autrefois critique acerbe du président Brice Clotaire Oligui Nguema, aujourd’hui rangé du côté du soutien, mais pas pour autant aveugle.
Dans un message public adressé au président de la Transition, le Badecon en Chef, fidèle à son franc-parler, a tenu à tirer la sonnette d’alarme :
« Ya Brice, tes décisions et les gens qui les acclament car ils ne veulent pas perdre leurs bouts de pains vont te diriger vers un précipice. »
Cette mise en garde, lourde de sens, fait écho à un malaise grandissant au sein de la population. Alors que, dans les premières heures du 30 août 2023, le peuple se dressait comme un rempart pour défendre le président Oligui, aujourd’hui, selon le Badecon, “près de la moitié des 94%” commence à exprimer des regrets.
Ce retournement progressif de l’opinion se lit à travers les réseaux sociaux, dans les commentaires et les murmures de la rue. Autrefois, critiquer Oligui revenait à s’exposer à une levée de boucliers populaire. Aujourd’hui, l’ambiance est plus tiède, plus incertaine.
Et c’est là le cœur du message du Badecon :
« Chers grand frère, écoute le peuple. Soutenir, c’est dire la vérité. Je ne suis tenu par personne et je peux passer du rouge au vert en 2, 4, 6. C’est quand tu crois que tu n’es plus en danger que tu es en danger. »
Le Badecon en Chef se positionne ici comme un vigile repenti, mais lucide. Il ne s’agit pas pour lui de fragiliser le président, mais de lui rappeler que le pouvoir n’est solide que lorsqu’il reste connecté à ceux qui l’ont porté.
Ce genre de message n’est pas anodin, surtout venant d’une figure populaire et suivie. Il reflète une réalité que les autorités de la Transition gagneraient à prendre en compte : le soutien populaire n’est ni éternel ni automatique. Il se mérite, jour après jour, par des actes concrets et une écoute réelle du citoyen ordinaire.
Au président Oligui Nguema de savoir s’il souhaite entendre ces voix averties… avant qu’il ne soit trop tard.