12 443 décès estimés depuis janvier 2026. Environ 52 personnes qui disparaissent chaque jour. Ces chiffres, rapportés par notre confrère TV+ Afrique , interpellent et soulèvent une question fondamentale : que se passe-t-il au Gabon ?
Dans un pays qui compte à peine deux millions d’habitants et dont le taux de natalité est régulièrement présenté comme faible, chaque vie perdue pèse lourd. Très lourd.
Derrière ces statistiques, il n’y a pas que des nombres. Il y a des familles endeuillées, des enfants devenus orphelins, des parents qui enterrent leurs fils ou leurs filles, des villages qui se vident, des compétences qui disparaissent et une nation qui s’affaiblit silencieusement.
Si ces estimations reflètent effectivement la réalité, alors le pays fait face à une urgence nationale qui mérite un débat public, une analyse rigoureuse des causes et des réponses à la hauteur des enjeux.
Pendant ce temps, les grands projets d’infrastructures occupent le devant de la scène. On parle de gratte-ciel, de centres de loisirs, d’aménagements urbains à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Ces investissements peuvent avoir leur utilité dans une stratégie de développement. Mais une question s’impose : à quoi serviront les plus beaux bâtiments si la population continue de payer un si lourd tribut ?
La première richesse d’une nation n’est ni le béton ni le verre. C’est son peuple.
Les nouvelles autorités ont aujourd’hui une responsabilité historique : faire de la protection de la vie humaine une priorité absolue. Cela suppose de renforcer le système de santé, d’améliorer l’accès aux soins, de lutter contre les maladies évitables, de réduire la mortalité maternelle et infantile, d’améliorer la sécurité routière, de prévenir les violences et de disposer de données fiables permettant de comprendre les causes réelles de cette mortalité.
Le Gabon ne peut pas se satisfaire de compter ses morts sans chercher à comprendre pourquoi ils meurent.
Chaque décès qui aurait pu être évité représente un échec collectif. Chaque vie sauvée est une victoire pour toute la nation.
Les Gabonais attendent plus que des infrastructures spectaculaires. Ils attendent un État qui protège, qui soigne et qui préserve ce qu’il a de plus précieux : ses citoyens.
Car un pays ne se mesure pas seulement à la hauteur de ses immeubles, mais à sa capacité à préserver la vie de son peuple.
Si ces chiffres sont confirmés, ils doivent provoquer un électrochoc national. Le véritable chantier du Gabon n’est peut-être pas celui des gratte-ciel, mais celui de la vie.






