Dans le vaste dossier des 1 700 milliards de FCFA évoqués par la Cour des comptes, Geoffroy Foumboula Libeka appelle à ne pas confondre les différentes condamnations.
Le chiffre est vertigineux : 1 700 milliards de FCFA. Depuis la publication des décisions de la Cour des comptes, ce montant alimente les débats et les commentaires, notamment sur les réseaux sociaux.
Mais au milieu de cette vaste affaire, certains noms semblent avoir été rapidement assimilés à des détournements de fonds publics.
C’est le cas, selon Geoffroy Foumboula Libeka, de Luc Bengono Nsi, ancien agent comptable à l’Assemblée nationale.
Après avoir pris le temps de lire la décision le concernant, l’acteur civique estime qu’une clarification s’impose.
Selon les éléments qu’il rapporte, Luc Bengono Nsi n’aurait pas été condamné pour avoir détourné de l’argent public, mais pour des retards dans la production de son compte de gestion de l’exercice 1995.
La première sanction aurait été de 200 000 FCFA par mois pour 15 mois de retard, soit 3 millions de FCFA.
À cette somme se seraient ajoutés 2 millions de FCFA pour quatre mois supplémentaires de retard après l’ultimatum fixé par la Cour des comptes.
Total : 5 millions de FCFA d’amendes.
Pour Geoffroy Foumboula Libeka, la différence est fondamentale.
Il existe, explique-t-il, une distinction entre les personnes condamnées pour non-respect des délais ou des procédures et celles pour lesquelles la juridiction financière constate un détournement de fonds, avec obligation de restituer les sommes concernées.
Ainsi, dans le contexte des 1 700 milliards de FCFA, il appelle à ne pas mettre tous les condamnés dans la même catégorie.
« La décision de la Cour des comptes n’a jamais dit que M. Bengono Nsi avait détourné », soutient Geoffroy Foumboula Libeka.
Une mise au point qui pose également une question au traitement médiatique de ces dossiers : peut-on présenter comme détourneur de fonds publics une personne dont la condamnation porte, selon la décision citée, sur des retards dans la production de documents ?
Pour Foumboula Libeka, la réponse impose de revenir aux faits, aux qualifications retenues par la juridiction et aux montants effectivement mis à la charge de chaque personne.
Car derrière le chiffre spectaculaire des 1 700 milliards de FCFA, il y a des situations judiciaires différentes.
Et pour séparer l’ivraie du bon grain, encore faut-il prendre le temps de lire les décisions avant de condamner publiquement les personnes concernées.






